Un restaurant qui cuisine réellement avec le soleil
À Château-Gombert, dans le 13e arrondissement de Marseille, Le Présage ne se contente pas d’un discours écologique : le cœur du projet est un fourneau solaire professionnel Scheffler-Aubert, développé et amélioré depuis plus de dix ans par l’équipe. De grands concentrateurs captent le rayonnement solaire et fournissent l’énergie nécessaire à la cuisson en cuisine.
Le lieu se présente comme le premier restaurant solaire d’Europe. Le soleil est aussi utilisé pour produire une partie de l’électricité et de l’eau chaude sanitaire, tandis que le bâtiment bioclimatique est intégré à un jardin comestible.
Ce que l’on mange en août 2026
La carte change avec les saisons et les approvisionnements locaux. Le menu officiel juillet-août 2026 donne une bonne idée de la cuisine actuelle : aubergines marinées au soja et tahini, velouté froid de courgettes, effiloché de poulet à l’estragon, assiette « tomates mozza » du Présage, kefta d’agneau ou bowl de poisson cru.
Repères tarifaires actuels :
- 28 € pour entrée + plat ou plat + dessert, du lundi au vendredi midi ;
- 38 € pour entrée + plat + dessert ;
- 15 € pour le menu enfant ;
- entrées autour de 10 à 11 €, plats 20 à 24 €, desserts 5 à 12 € à la carte.
Le restaurant indique que ses produits sont locaux, de saison et aussi bio que possible, avec une origine française pour les viandes de la carte publiée. Marseille Tourisme précise aussi que la carte est renouvelée régulièrement, environ toutes les trois semaines.
Le détail que l’on ne voit pas depuis la table
Le système utilisé aujourd’hui est l’aboutissement de nombreuses années de prototypes. Lors des premiers essais du projet, une plaque de cuisson alimentée par le concentrateur solaire avait dépassé 320 °C en une trentaine de minutes. Ce n’est donc pas un petit four solaire posé dans un jardin : la technologie a été pensée comme un véritable outil de cuisine professionnelle.
Le Présage sert aussi de site de recherche et d’expérimentation. L’équipe travaille avec l’environnement scientifique du Technopôle de Château-Gombert et continue à optimiser son fourneau pour le rendre plus puissant, ergonomique et reproductible.
Et s’il n’y a pas de soleil ?
C’est probablement la question la plus intéressante à poser sur place. En 2026, l’Office de tourisme de Marseille présente la cuisson du Présage comme uniquement solaire. De son côté, la page R&D du restaurant explique que l’utilisation d’un biogaz produit à petite échelle pour les jours de faible ensoleillement reste une ambition de développement.
Autrement dit, mieux vaut éviter d’inventer un fonctionnement de secours qui n’est pas clairement documenté. Si vous venez spécialement pour comprendre la cuisine solaire, demandez à l’équipe quelle part du service du jour a été cuite directement grâce au concentrateur : c’est justement ce qui rend la visite intéressante.
À savoir avant d’y aller
- Adresse : 99 traverse de la Rose, 13013 Marseille, au Technopôle de Château-Gombert.
- Métro M1 jusqu’à La Rose, puis bus B3B jusqu’au terminus situé devant le restaurant ; Le Présage annonce environ 25 minutes depuis le Vieux-Port.
- Parking disponible autour du restaurant.
- Le site officiel affiche actuellement un service du lundi au samedi à midi, avec ouverture le soir en fin de semaine ; les horaires du soir variant légèrement selon les sources 2026, vérifiez le module de réservation avant de venir.
- Le bâtiment, la terrasse et les sanitaires sont annoncés accessibles en fauteuil roulant en autonomie.
- Capacité indiquée par Marseille Tourisme : 60 couverts en salle et 60 en terrasse, avec accueil de groupes plus importants sur demande.
Pourquoi cette adresse est vraiment insolite
Le Présage est intéressant parce que l’insolite ne vient ni d’un décor spectaculaire ni d’une mise en scène artificielle. La contrainte énergétique change réellement la façon de penser la cuisine : saison, disponibilité des produits, technologie de cuisson, architecture et jardin sont conçus comme un même système.
Pour qui cherche un restaurant insolite à Marseille, c’est une adresse rare : on peut y déjeuner normalement, mais aussi repartir avec une question assez inhabituelle pour un repas au restaurant — combien d’énergie solaire a-t-il fallu pour cuire ce que je viens de manger ?